Août 1943
La grande majorité des éditeurs ferment leur maison pendant un mois du fait du manque d’activité.
1 Septembre 1943
Création de J. B. Janin, Éditeurs, 71, rue des Saints-Pères, S.A.R.L. constituée par Mme Veuve Canudo, Émile Belime et Armand Mora. Cette société reprend le fonds de François Bernouard – La Belle Édition.
5 Septembre 1943
Inauguration à Sainte-Geneviève-des-Bois, d’un monument élevé à la mémoire de Dimitri Merejkowsky par les éditeurs français de son œuvre.
15 Septembre 1943
Appel rédigé par Maurice Girodias (Éditions du Chêne) en faveur du Livre français contre l’arrêté du 13 juillet relatif à la fixation des prix. Des éditeurs parmi lesquels Grasset, Baudinière, Denoël, Sequana, Balzac, Sorlot, les Éditions de France, Aubier s’associent à cet appel.
23 Septembre 1943
→ 8 Octobre 1943
Enquête de La France socialiste à propos de la Directive 168.
Septembre 1943
Création des Éditions Pierre Trémois en septembre, 26, rue du Mont-Thabor.
2 Octobre 1943
« Mémoire sur le désordre présent de l’Édition et de la Librairie en France à propos de la directive 168 » par Bernard Grasset. Il met en cause le Comité d’organisation du Livre et les éditeurs qui en font partie.
12 Octobre 1943
Le Conseil d’administration de la Librairie Jules Tallandier nomme Victor Bassot, directeur commercial de la société, au poste de directeur général adjoint.
20 Octobre 1943
René Philippon annonce que l’arrêté du 13 juillet a été modifié.
26 Octobre 1943
Nouvel arrêté du Service des Prix qui modifie celui du 13 Juillet. Il sera suivi d’une Directive 168 bis du Comité d’organisation du Livre.
27 Octobre 1943
Lettre de Maurice Girodias à ses confrères expliquant que c’est grâce à l’action des Éditeurs et non au Comité d’organisation du Livre que la directive 168 a été modifiée.
Octobre 1943
La Nouvelle Société d’Édition, 281, rue Saint-Honoré informe qu’elle reprend ses activités interrompues pendant la guerre.
1 Novembre 1943
Création à Monaco des Éditions du Rocher par Charles Orengo. Le premier ouvrage sera achevé d’imprimer le 25 janvier 1944.
2 Novembre 1943
Décès en déportation de l’éditeur de musique Daniel Enoch à Auschwitz.
2 Novembre 1943
Décret modifiant celui du 3 mai 1941 portant création du Comité d’organisation du Livre. Il a pour conséquence la nomination de Maurice Bourdel au Groupe Édition et de Maximilien Vox pour représenter les artistes du Livre.
4 Novembre 1943
Charles Peignot reprend les parts anglaises des Éditions Arts et Métiers Graphiques.
19 Novembre 1943
En raison des difficultés concernant le papier, les annonceurs de la Bibliographie de la France ne disposeront plus que d’un tiers de page au maximum qui devra comporter au moins deux nouveautés ; il ne sera attribué qu’un sixième ou un douzième de page à l’annonce d’un seul ouvrage.
Novembre 1943
René Julliard fonde les Éditions Littéraires de Monaco.
Novembre 1943
La Chronique de Paris, n°1, aux Éditions Balzac.
3 Décembre 1943
Selon une décision du Comité d’organisation du Livre, seules peuvent être annoncées dans la Bibliographie de la France, les nouveautés dont le prix a été homologué.
3 Décembre 1943
Lettre de Maurice Girodias à ses confrères sur les décisions 34, .35, 36 et 37 du Comité d’organisation du Livre. Il attribue au Comité l’entière responsabilité de ces dispositions malencontreuses. Il proteste en particulier contre le classement des librairies. Ce sera le début d’une campagne de presse qui durera plusieurs mois.
21 Décembre 1943
Décès de l’éditeur Auguste Picard.
23 Décembre 1943
Enquête dans La Vie industrielle : « L’Industrie du livre et la pensée française ».
Décembre 1943
Les prix Goncourt et Renaudot ne seront exceptionnellement décernés que le 21 mars 1944.
Décembre 1943
Chez Robert Laffont, « Sous le signe d’Arion »; collection de poésie.
Décembre 1943
Les prix Femina et Interallié ne sont pas décernés en raison des événements.
1 Janvier 1944
Les Éditions Robert Laffont ouvrent une succursale à Paris, 13, rue de Buci.
12 Janvier 1944
Ordonnance portant création de l’Office Français d’Édition et décret organisant cet Office. Son siège est fixé provisoirement à Alger et il est placé sous l’autorité du Commissaire à l’Information.
15 Janvier 1944
Décès de l’éditeur Louis Conard.
24 Janvier 1944
Maurice Chérié est relevé de ses fonctions d’administrateur provisoire des Éditions du Sagittaire, celles-ci étant désormais considérées comme aryennes.
28 Janvier 1944
À une réunion du Comité d’organisation du Livre, René Philippon annonce la décision des éditeurs de se retirer du Comité à la date du 29 février si « l’arrêt de mort qui a été prononcé contre l’Édition française » n’est pas levé ; il s’agit de la non attribution de papier pour le mois de janvier. En février 50 tonnes seront accordées ; les éditeurs ne mettront pas leur menace à exécution.
Janvier 1944
→ Avril 1944
« Enquête sur l’Édition » dans Industries graphiques.
Janvier 1944
Sven Nielsen rebaptise les Éditions Albert Ier en Presses de la Cité, 77, boulevard Saint-Michel. Dépositaire, les Messageries du Livre.
Janvier 1944
Projet du ministère de l’Information obligeant tout livre édité en Zone Nord et devant entrer en Zone Sud à porter un second numéro d’autorisation du Ministère. Il est ajourné puis abandonné.
2 Février 1944
Les Éditions de France sont vendues. Le nouveau président-directeur général est Pierre de Boisgelin; il ne reste qu’un seul administrateur de l’ancienne direction.
23 Février 1944
Le premier Prix de la Pléiade est attribué à Enrico de Mouloudji qui est publié par Gallimard.
23 Février 1944
L’assemblée générale du Syndicat des Éditeurs demande l’ajournement au 1er juillet de l’application de la décision n°35 : « Réglementation du commerce du Livre ».
24 Février 1944
Assemblée générale annuelle du Cercle de la Librairie sous la présidence de René Philippon. Les membres sortants du Conseil d’administration sont reconduits pour un an.
25 Février 1944
Réunion du Comité d’organisation du Livre. Marcel Rives proteste contre la demande des éditeurs d’ajourner l’application de la décision n°35. Il somme les éditeurs de dire de quel côté ils sont. Leur représentant quitte la réunion.
28 Février 1944
Décès du critique Félix Fénéon. Il avait été directeur littéraire des Éditions de la Sirène de 1920 à 1922.
Février 1944
Edmond Charlot lance à Alger, L’Arche, sous la direction d’André Gide, Jean Amrouche et Jacques Lassaigne.
Février 1944
Constitution d’un « Groupe de défense de l’Édition et de la Librairie françaises » dont le siège est au Mercure de France et dont les principaux membres sont Jacques Bernard, Gilbert Baudinière et Henry Jamet. Il publiera deux circulaires le 20 mars et le 21 avril et tiendra une réunion publique le 24 avril.
1 Mars 1944
Seconde « Gesamliste der fœrdernswerten Schrifttums » (« Liste globale de littérature à promouvoir »), établie par les services allemands.
9 Mars 1944
Le Comité du Syndicat des Éditeurs approuve une résolution dans laquelle il renouvelle sa confiance au Comité d’organisation et décide de poursuivre son effort pour la réglementation.
21 Mars 1944
Le prix Goncourt 1943 est attribué à Passage de l’homme de Marius Grout publié chez Gallimard.
Le prix Renaudot 1943 est attribué à J’étais médecin avec les chars d’André Soubiran publié chez Didier.
26 Mars 1944
L’éditeur allemand Wolfgang Krause-Brandstetter recède ses parts des Éditions de Cluny à Madame Géraud de Michel de Brion.
30 Mars 1944
Conférence de presse de Marcel Rives au ministère de la Production Industrielle.
Mars 1944
La société en nom collectif Calmann-Lévy est transformée en S.A.R.L. Les gérants sont Henry Jamet et Albert Lejeune.
29 Avril 1944
Décès de l’éditeur Lucien Kra en déportation ; il avait été interné à Drancy.
Avril 1944
Communication de la Propaganda-Abteilung interdisant pour collaboration à une publication dissidente la vente des livres d’André Gide, Jacques Maritain, Antoine de Saint-Exupéry, Robert Aron, Joseph Kessel, Pierre Mendès France, Bertrand de La Salle, Henri Bosco, André Philip, Jean-Richard Bloch, Edgar Faure, Lionel, Marcel Dury, Christian Courtois, Georges Paque, Pierre Chance.
4 Mai 1944
Rémy Dumoncel, l’un des dirigeants des Éditions Tallandier, est arrêté pour ses activités dans la Résistance. Il sera déporté le 4 juin.
6 Mai 1944
Ordonnance rétablissant la liberté de la Presse.
10 Mai 1944
Chez Seghers, collection « Poètes d’aujourd’hui »; bio-bibliographie et textes choisis.
16 Mai 1944
Robert Denoël démissionne de ses fonctions de gérant des Nouvelles Éditions Françaises. Il cède ses parts à Albert Morys; Auguste Picq cède ses parts à Maurice Percheron. Albert Morys est nommé gérant. Le siège social est transféré au 5, rue Piqalle.
22 Mai 1944
Décès de l’éditeur Eugène Jean dit Figuière.
1 Juin 1944
Robert Denoël vend aux frères Alban la Librairie Aux Trois Magots.
1 Juin 1944
Le prix du roman de l’Académie française est attribué à Valmaurie de Pierre Lagarde publié chez Baudinière.
22 Juin 1944
Ordonnance maintenant provisoirement les Comités d’organisation. Les pouvoirs de ces Comités et de leurs directeurs responsables sont confiés à des administrateurs provisoires désignés par les ministres concernés.
28 Juillet 1944
Décès de l’éditeur Georges Valois à Bergen-Belsen. Il avait dirigé la Nouvelle Librairie nationale avant de créer la Librairie Valois.
Juillet 1944
La Nef, n°1.
15 Août 1944
→ 22 Août 1944
Les Allemands évacuent la Librairie Hachette.
28 Août 1944
Décret portant création d’une Commission de la propriété intellectuelle chargée de donner son avis sur toutes les questions concernant la réglementation de la propriété intellectuelle.
29 Août 1944
Les administrateurs de la Librairie Hachette réintègrent les locaux où ils sont accueillis par l’ensemble de leur personnel.
30 Août 1944
Léon Pioton est nommé administrateur provisoire des Éditions Balzac.
Août 1944
Création d’un Service national des Bibliothèques qui préfigure la Direction des Bibliothèques et de la lecture publique qui verra le jour en août 1945.
Août 1944
Bibliographie de la France ne paraît pas d’août à octobre puis est autorisée à reparaître bimensuellement par le ministère de l’Information. Elle reprend alors son ancien format in-8° raisin.
5 Septembre 1944
Arrestation de Fernand Sorlot qui sera remis en liberté le 24.
5 Septembre 1944
Arrestation de Bernard Grasset qui est interné à Drancy. Il est libéré quelques semaines plus tard en raison de son état de santé.
6 Septembre 1944
Le Comité national des écrivains (CNE) représentant les écrivains des deux zones diffuse une première « liste noire » comportant douze noms d’écrivains mis à l’index. Le texte précise que les auteurs de ce manifeste refuseront leurs ouvrages à tout éditeur ou revue qui publierait un écrivain de cette liste.
8 Septembre 1944
Jacques Bernard est relevé de ses fonctions au Mercure de France et remplacé par Paul Hartmann.
9 Septembre 1944
Le Syndicat des Éditeurs décide l’exclusion de Bernard Grasset, Gilbert Baudinière, Fernand Sorlot, Jacques Bernard, Jean de la Hire et Henry Jamet.
9 Septembre 1944
Arrestation de Gilbert Baudinière qui est libéré quelques semaines plus tard en raison de son état de santé.
11 Septembre 1944
Deuxième « liste noire » du C.N.E. qui comporte quarante-quatre noms.
14 Septembre 1944
Mise en place d’une Commission d’épuration de l’édition composée de Raymond Durand-Auzias, Jean Fayard, Francisque Gay, Robert Meunier du Houssoy, Pierre Seghers, Étienne Repessé, Vercors et Jean-Paul Sartre.
18 Septembre 1944
Réunion du « Groupement Professionnel du Livre » né du « Groupe de défense de l’Édition et de la Librairie françaises ». Il est dirigé par Gilbert Baudinière et publie une troisième Circulaire le 30 septembre.
22 Septembre 1944
Jean Renard quitte la gérance de sa maison. Il est remplacé par Maurice Bousquet, dit René Héner.
Septembre 1944
Mise en place non officielle d’une Commission d’épuration du VIe arrondissement qui siègera en septembre et octobre avant de laisser la place pour les affaires d’édition à la Commission d’épuration de l’édition.
Septembre 1944
Réquisition des Messageries Hachette. Un gérant provisoire est nommé.
3 Octobre 1944
Arrestation de Jean d’Agraives. Il est inculpé le 7 d’intelligence avec l’ennemi.
3 Octobre 1944
La marque Éditions de Minuit est déposée au registre du commerce. Elles sont sorties de la clandestinité avec la Libération de Paris.
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